Tribune : « Quelle est la place du microbiote dans le cancer ? »

0 commentaires

Tribune de Françoise Le Vacon, Biofortis Mérieux NutriSciences

Pour assurer le bon fonctionnement de notre organisme, et donc de notre santé, nous avons un allié : le microbiote. Il est constitué de milliards de micro-organismes qui se nichent à l’intérieur de et sur notre corps, majoritairement des bactéries mais aussi des virus, champignons, levures et archées. Ces micro-organismes vivent en communauté et dialoguent avec nos cellules. Le microbiote participe à de nombreuses fonctions biologiques essentielles et nous avons développé un véritable mutualisme avec lui. Un déséquilibre du microbiote peut contribuer à de nombreuses situations pathologiques.

Grace aux performances du séquençage à haut débit, il a été démontré qu’un déséquilibre de cet écosystème, peut être associé à l’obésité, aux allergies, à des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, cardiovasculaires mais aussi à des maladies neurologiques comme l’autisme.

Microbiote et cancer : que sait-on aujourd’hui ?

Concernant le cancer, des microbes sont impliqués dans environ 20 % des cas soit en changeant leur incidence et leur sévérité, soit en influençant l’efficacité et/ou la toxicité des traitements anti-cancéreux.

Plusieurs hypothèses ont été décrites quant au rôle possible du microbiote dans le développement du cancer : soit directement par des microbes oncogéniques, soit par des produits métaboliques issus de bactéries ou en lien avec l’inflammation produite par des microbes.

Aujourd’hui, 11 microbes ont été officiellement nommés par l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer (IARC) comme « oncomicrobes » ou microbes oncogéniques (7 virus dont hepatitis B et C, 3 trématodes dont Schistosoma haemotobium et 1 bactérie Helicobacter pylori).

Nous savons que certains patients atteints de cancer ne répondent pas aux traitements malgré toutes les découvertes sur les mutations tumorales et les signatures des cellules immunitaires.

Des preuves croissantes montrent qu’il existe des corrélations entre la présence de certaines bactéries intestinales et l’efficacité de certains agents de chimiothérapie ou d’immunothérapie. Une relation de causalité reste à démontrer, ainsi que les mécanismes d’action impliqués.

D’autre part, nous savons que le microbiote intestinal peut affecter la pharmacocinétique du médicament par divers mécanismes (modulation de l’absorption ou du métabolisme) en prolongeant ou diminuant son effet thérapeutique ou en augmentant ou diminuant sa toxicité.

La recherche sur le microbiote : une piste d’avenir pour les traitements anticancéreux

Ces découvertes récentes ouvrent la voie au développement de nouvelles solutions thérapeutiques adjuvantes à partir du microbiome ou de produits dérivés.

À l’avenir, de gros efforts de recherche clinique sur des cohortes de patients sont nécessaires pour identifier/valider des biomarqueurs/profils microbiomiques pour être capable de mieux prédire et de suivre la réponse du patient au traitement.

La majorité des travaux ont été jusqu’à présent principalement conduits dans des modèles précliniques et dans les cancers digestifs.

Dans le cadre du projet de recherche IMODI (dont l’objectif global est d’accélérer l’innovation thérapeutique traitements anticancéreux) le laboratoire Biofortis, grâce à sa plate-forme Microbiome, étudie l’évolution du microbiome de patients atteints de cancers du foie, mais aussi du sein, de l’ovaire et la prostate.

Cette plate-forme intégrée d’analyse du microbiome en pré/clinique est au service de l’industrie alimentaire et du médicament.

Si vous aussi vous travaillez sur ces thématiques, ou si vous souhaitez en savoir plus sur nos travaux et nos services, n’hésitez pas à nous contacter :

Email : francoise.le.vacon@mxns.com
www.merieuxnutrisciences.com
linkedin.com/company/biofortis-mérieux-nutrisciences