EDITO : Contre les « reste à charge », il faut innover (aussi) !

Au-delà du financement des jeunes chercheurs de France, les Entreprises contre le Cancer agissent contre les conséquences économiques et humaines du cancer. Parmi les nombreux combats à mener, le « reste à charge » des malades du cancer fait l’objet d’une action spécifique que notre association conduit actuellement aux côtés de parlementaires engagés contre le cancer.

Une étude conduite en 2016 par 60 millions de consommateurs montre que malgré le dispositif des affections de longue durée (ALD) dont les frais de prise en charge sont couverts à 100 % par l’Assurance maladie, le reste à charge des personnes relevant de ce régime était estimé en 2014 à 750 euros par an et par personne.

750 euros par an et par personne

Subjective, la perception du reste à charge est dépendante des ressources et du niveau de vie des personnes malades. Les personnes subissant des baisses de revenus déclarent davantage de frais restés à leur charge : médicaments peu ou pas remboursés, consultations avec des professionnels (psychologues, diététiciens, etc.), transports pour les examens de suivi, dépassements d’honoraires (reconstructions mammaires, problèmes dentaires, etc.)… la liste est longue.

De plus, les frais occasionnés par la maladie cancéreuse ne s’arrêtent pas avec la fin des traitements. En effet, 1 personne sur 2 déclare avoir un reste à charge entre 2 et 5 ans après la fin des traitements. Elles sont encore presque 2 sur 10 à en déclarer plus de 25 ans après les traitements.

Question écrite portée par plusieurs députés

Devant ce constat, notre association est allée à la rencontre de parlementaires – issus de tous bords politiques –, pour tenter de comprendre comment réparer cette anomalie sur le plan de la justice sociale, de la santé et du pouvoir d’achat. Une question écrite a ainsi été portée par plusieurs députés emmenés par Mesdames Corinne Vignon et Fadila Khattabi pour interpeller Madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, sur les enjeux liés au reste à charge des malades du cancer. Je tiens chaleureusement à les remercier d’avoir choisi de mener ce combat avec nous.

Cette démarche n’est que la première étape d’un travail collaboratif de conviction et de mobilisation qui nous conduira d’ici la fin de l’année – j’en suis convaincu – vers la conquête de nouveaux droits pour tous nos compatriotes touchés par le reste à charge.

Une preuve (aussi) que l’innovation contre le cancer peut prendre bien des chemins !

Jean-Jacques DOUCET
Président
jj.doucet@lesentreprisescontrelecancer.fr
Twitter : @jjdoucet